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Vers la mi-mai et bien que
solidement implantés en amont, les castors semblent soudain délaisser le couvert
buissonneux, leurs lagunes et leurs barrages. Ils descendent le ruisseau,
décidés à coloniser de nouveaux espaces et donc étendre leur territoire
aquatique.
Il faut le dire, le site leur est éminemment propice car en
aval, le petit cours d'eau est d'avantage encaissé. De plus, les matériaux de
construction abondent : branches mortes, bois vert, pierres dont ils sauront
tirer un profit maximum ...
L'endroit idéal est vite repéré et bientôt, entre les
berges abruptes, une ébauche de barrage apparaît. Celui-ci s'appuiera contre la
rive droite mais restera un peu en retrait à l'avant d'un talus à gauche et sera
construit selon une technique éprouvée et immuable autant qu'immémoriale ...
En quelques jours, l'ouvrage s'étoffe peu à peu avec, pour
corollaire, l'apparition d'une toute nouvelle lagune. Un déversoir évacue
l'excédent d'eau côté talus. Facheux, cela! ... Cet écoulement continuel limite
les possibilités d'accroître la profondeur de l'onde et partant, menace
l'expansion territoriale ...
Cette période durera plusieurs
semaines durant lesquelles seront alliés, colmatage et poursuite de la
construction du barrage.
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